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  • Photo du rédacteurPascale Landriq

La mort à Venise ou Chronos et Kairos

Dernière mise à jour : il y a 6 jours







La mort à Venise, ou Chronos et Kairos, c'est l'histoire du temps qui passe, d’abord tranquillement, puis qui file accentuant sa course, inexorablement…

 

On est tenté pour raconter, décrire ce bout de temps, de chercher à le faire coïncider vaille que vaille, a posteriori, avec de mystérieux rendez-vous de la vie, qui auraient formé un destin. Ces séquences maladroitement ordonnées vont justifier, en un semblant de cohérence, une probable épitaphe.

Le récit habillera son destinataire comme un mauvais vêtement dont il sera paré à renfort d’accessoires.


Kairos serait-il de la lignée de l’orgueil, du sursaut de l’âme qui cherche une paternité à Chronos, surgissant en réalité du néant pour y retourner, après une absurde parenthèse, une course effrénée et irrépressible vers l’abîme ?

Chronos, auquel, dans notre indécrottable narcissisme, nous aurions adjoint le lieutenant Kairos pour justifier nos multiples et vains soubresauts, durant la parenthèse assignée qui nous a sortis de rien, pour nous y replonger aussitôt, sans échappatoire ?


Quand on regarde le sablier, les yeux fixés sur le grain qui coule, on s’aperçoit qu’il file bien plus vite dans son dernier quart, et, à la fin, les derniers grains de sable s’effondrent très rapidement sur eux-mêmes. 

La clepsydre semble nous dire que le temps presse, il est compté. Surtout à la fin.

Comment ? Par qui ? 

Tel le marathonien, à bout de souffle, vidé de son énergie, qui va hâter le dénouement de sa course dans un ultime sursaut, pour en finir, vite ! 


Dans « La mort à Venise », Thomas Mann, évoque cette chute rapide, symbolisée par le pathétique vieillard Aschenbach. La question du temps qui y est traitée m’a plus intéressée que les élucubrations pédophiles dont Visconti a tiré la matière de son film, et qui ont fait la célébrité de l’ouvrage.

C’est un traité sur le temps, sur une chute inéluctable, amplifiée par une opportune épidémie de choléra ravageuse, et que rendent plus absurde encore, l’impétueuse jeunesse et beauté d’un adolescent à l’aube de sa course, face à la conscience du crépuscule du narrateur.


Le passage des grains de sable est une parfaite métaphore de la vie.

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